Rien n’a changé

Je ne sais pas pourquoi, je m’étais imaginée trembler à chaque déplacement, au bureau ou dans la rue, j’avais peur d’être reconnue. C’est mathématique, parmi les centaines de personnes que je croise quotidiennement sur mon trajet ou qui travaillent dans mon immeuble, il y en a forcément qui lisent le Nouvel Obs.

Alors oui, les statistiques de ce blog ont fait un bond, les nouveaux followers ont afflué par centaines, il y a eu quelques commentaires critiques et des, beaucoup plus nombreux, très gentils. Merci à tous ceux, hommes, femmes, couples qui ont pris le temps de m’écrire de très beaux messages, j’en ai reçu plus d’une centaine. Je pense avoir répondu au plus grand nombre. Je prie les autres de m’excuser.

Certains ont cru qu’il suffisait d’un mail pour obtenir un rendez-vous, je préfère en sourire.
Messieurs, je suis très loin d’avoir mille amants (réellement s’entend, parce que si on pense à tous ceux à qui j’ai procuré du plaisir virtuellement, parfois sans même le savoir… ), mais entre mon mari, mon bel amant, S. que je vois de temps en temps, H. rencontré récemment, A. et L. mes mignons prétendants, j’ai largement de quoi remplir mon emploi du temps! Alors il est certain que si vous vous contentez d’un « Faisons connaissance » vous n’avez aucune chance! Comprenez que je ne suis pas en manque, bien au contraire, et qu’il faut avant tout me plaire!
Épargnez moi la liste de vos fantasmes, vos scenarii rocambolesques ou vos photos en gros plans, vous perdrez votre temps!

Voilà, à part ça, finalement, je ne tremble pas. Ma vie se poursuit normalement. Sur le quai du rer, dans l’ascenseur, au bureau, ou à la réception d’un hôtel, personne ne se doute que je suis « Lilou, la maman aux mille amants » qui, si elle avait répondu honnêtement à la question d’un journaliste, l’aurait peut être empêché de trouver un titre si poétique!

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Crédit photo : Pierre-Emmanuel Rastoin www.rastoin.com

10 réflexions au sujet de « Rien n’a changé »

  1. J’ai exactement les mêmes craintes que toi. Je suis cadre dans une entreprise et lors de mes aventures libertines, je prend le soin de m’éloigner de plusieurs centaines de kilomètres. J’assume totalement ma vie sensuelle, sexuelle et amoureuse comme toi, mais j’ai toujours peur d’être reconnue. C’est quand même terrible qu’en 2015, on fasse toujours éprouver de la culpabilité aux femmes qui souhaitent vivre leur vie comme des hommes.

    1. Pour répondre à ce que tu dis, Lilou, et pour rejoindre Maelys, il est en effet décevant qu’à notre époque on veuille faire culpabiliser tant les hommes que les femmes.

      Morale judéo-chrétienne : les hommes infidèles sont de gros méchants, hou les vilains. Mais les femmes avec qui ils la trompent, ces poufiasses, ces salopes, ne valent pas mieux : ce sont des femmes, elles devraient comprendre le mal que ça fait un homme infidèle… honte à vous, mesdames ! ».

      Mais il ne vient pas à l’idée à tous ces gens soi-disant bien pensants que les femmes aussi veulent vivre des expériences interdites ? Et que ce n’est pas parce qu’elles ont des amants qu’elles sont OBLIGATOIREMENT infidèles ? Je connais beaucoup de femme dans la même situation que Lilou, alliant sans difficulté leur vie de femme et de maman. Et dont la vie de couple se retrouve épanouie de cette situation.

      Alors intégristes catholiques (cf l’affaire en cours contre Gleeden) et autres moralisateurs de comptoir : restez dans vos frustrations romantico-sexuelles, et laissez les gens vivre leur vie sexuelle comme ils l’entendent !

      Maelys, Lilou, ne changez rien ;)

      1. Je ne suis pas sur que l’ensemble de la société ait le même regard critique sur les hommes infidèles que sur les femmes infidèles, c’est ça qui est injuste: par exemple on dit d’un homme « c’est un Don Juan »,mais pas d’une femme,  » c’est une comtesse Paiva » mais plutôt que c’est une salope…Et pour les chrétiens militants anti sexe ils ne représentent qu’une faible partie de la population ! nous sommes à une époque de libération sexuelle de femmes, enfin certaines, mais toute la société ne suit pas,!

    2. Bonjour Maëlys, nous en sommes tous là….cela dit Paris est une grande ville…et il faut se retrouver entre libertins « fiables »… Et avec le souci, comme notre chère Lilou, de rester dans la sensualité et la luxure en évitant la vulgarité …

  2. Je n’avais aucune crainte sur ton devenir, Chère Lilou, après ta « parution » dans le Nouvel Obs :) Ta réaction me fait comprendre que tu restes, comme je te l’ai déjà dis, toi même :) … Juste un peu craintive que cette mise sous la lumière (voilée toutefois) vienne bouleverser ton quotidien, cet équilibre….
    Quant à la position de la femme libertine, il y a des constats dans la langue française qui en disent longs… Un homme avec plusieurs femmes est un « Dieu… Une femme avec plusieurs amants est une salope… On parle de nymphomane… mais le masculin n »existe pas…

    1. Oui, je partage ton avis. Un homme qui aime dévêtir les femmes, qui aime pétrir des seins, caresser une vulve est un vrai mâle. Une femme qui aime découvrir le torse musclé d’un hommes, ses fesses bien fermes et qui adore découvrir leurs verge est une nymphomane, une malade.
      Raison de plus comme Lilou et son mari ou moi et mon concubin, de savoir choisir son compagnon.

      1. Humm…. je ne suis pas tout à fait d’accord avec ta description. Un tel homme n’est pas forcément considéré comme une « mâle ». Dans l’imaginaire basique, le mâle est encore associé au dominateur… Et la domination ne passe pas forcément pas la douceur… Car la douceur passe forcément par l’écoute des mots et des gestes… Or, c’est bien connu, l’Homme ne comprend rien et n’écoute rien :).
        Après, il peut rester la domination, dans le sens de savoir dompter la Femme, de savoir capter son attention, savoir parler à ses sens…
        Quant à l’image de la femme nympho, c’est plus celle de la fofolle, qui hurle quand elle se fait prendre, qui n’hésite pas à draguer ouvertement et à faire du rentre dedans… Celle que tu décris, pour moi, c’est une femme qui assume son plaisir et qui n’hésite pas à montrer ce qu’elle aime. Pourquoi se contenter d’imaginer ce phallus, de rêver de le prendre, de le caresser… Après tout, l’Homme n’hésite pas à prendre un sein, à lécher (pas tous !), à mordre… Alors pourquoi ne pas prétendre à cette égalité ?

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